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Les non-dits sur la question du poulet local

Rédigé par Mi-Doum

26 novembre 2021

Sur la chaîne de production du poulet (poussins, provendes, produits vétérinaires, abattage, distribution), les acteurs de la filière avicole au Togo notent d’emblée que le coût de production est trop élevé.

L’aliment (provendes) à lui seul retient 70% des charges. Du coup, s’il y a un paramètre sur lequel il faut rapidement agir pour réduire drastiquement les coûts de production, c’est bien-sûr les aliments. 

« Dans la composition de l’aliment, l’énergie est représentée par le maïs. Or, depuis un certain temps déjà, le maïs est hors de portée en termes de prix alors qu’il représente 50% des coûts de production de la provende. Non seulement le maïs, il y a également le soja qui représente les protéines, lui aussi au départ était prenable mais devenu aujourd’hui de l’or », relatent les acteurs de la filière.

L’autre facteur qui ne favorise pas la compétitivité des poulets locaux, ce sont les taxes douanières perçues sur les importations des poussins d’un jour et des produits vétérinaires pour les soins des sujets. 

Des contrats non respectés

En 2019-2020, des contrats avaient été signés avec les distributeurs (commerçants-exportateurs) où il était question pour ces derniers de prendre une quantité au niveau national avant d’avoir l’autorisation d’importer.

Précisément, les importateurs devraient absorber en moyenne 10% de la production locale et c’est la condition à respecter avant toute délivrance d’autorisation d’importation. 

« C’était dur au départ mais à un moment donné on arrivait à le faire et cela à apporter un véritable soutien aux producteurs locaux surtout dans la filière avicole », témoignent certains importateurs.

« En notre âme et conscience, nous savons très bien que ce que nous importons, ce n’est pas avec ça que nous pouvons créer de la richesse locale. Mais à un moment donné, on s’en rend compte que certains font l’effort et d’autres pas du tout. Ils passent par des chemins détournés pour avoir des autorisations et se moquent de nous qui avons accepté de participer à cet effort national », relatent d’autres.

« Si nous nous devons participer à un effort national et que certains ne veulent pas le faire, pire encore, les autorités regardent sans rien dire, on abandonne tous. C’est ce qui a fait que nous avons tous abandonné les éleveurs locaux pour continuer uniquement l’importation. On ne fait pas de business pour perdre. Il faudrait revenir à cette formule d’assujettir l’importation à un quota d’achat local et amener tous les services d’importation à respecter les règlements. C’est la seule façon de valoriser le produit Local », proposent les importateurs de bonne foi.

Un nouveau départ

Un million de volailles sur pied est importé annuellement, une tendance que veut renverser le Conseil Interprofessionnel de la filière avicole. Pour le compte de l’année 2022, la filière se donne pour objectif de produire localement au moins 4 millions de poulets pour satisfaire la demande locale.  

La vision aujourd’hui est d’amener les importateurs à diminuer progressivement les importations au même moment que les dispositions sont prises pour renforcer la production nationale.

Les différents acteurs des trois maillons (producteurs, transformateurs et distributeurs) pour mieux valoriser le poulet local, ont scellé cette semaine à Lomé, un contrat de l’interprofession de la filière avicole.

« C’est un travail de négociation de 12 mois qui a permis d’accoucher ce le contrat interprofessionnel. Il assurera une bonne fluidité dans la production, la transformation et la distribution de viande de poulet issue du terroir », explique Sinko Banakinao, président de l’interprofession de la filière volaille. Selon M. Banakinao, cette contractualisation ouvrira un marché de vente pour les producteurs et sera bénéfique pour tous les acteurs de la chaîne de valeur poulet

Théoriquement, le contrat contraint à nouveau les importateurs à signer, avant toute importation, une quantité de distribution de la production locale.

Il fixe surtout les taux en fonction de la nature du produit que l’opérateur veut importer. De 10% comme taux imposé en mai 2020 aux importateurs, l’interprofession veut passer à 30% de la consommation locale en 2022.

Cette innovation permet aux éleveurs de disposer d’un marché avant même la production.

« Tant que l’importateur ne signe pas un contrat avec un producteur au niveau local avec une attestation, c’est que de l’autre côté il n’aura pas l’autorisation d’importation.  Cela permettra à la production locale d’être valorisée et consommée, », précise le président à agridigitale.net.

Si le rôle de l’interprofession est de veiller à ce que les termes des contrats soient respectés, le gouvernement a également sa part de responsabilité pour contraindre les principaux acteurs à honorer leurs engagements.

Lors d’une récente réunion entre le ministre chargé de la consommation locale et les principaux acteurs, Kodzo Adedzé a fait savoir que les sanctions ne devraient plus tarder pour punir les opérateurs indélicats.

« L’heure n’est plus au discours. S’il faut attendre que tout le monde comprenne avant qu’on ne marche, on va mourir ensemble. Et pour éviter de mourir ensemble, il faut sanctionner », avait-il laissé entendre.

« Nous bloquerons une bonne partie des importations. Ça va faire mal mais on va le faire. Quand on prend une cargaison, on va frapper quel que soit celui qui est derrière, sinon on n’est plus crédible », avait menacé le ministre du commerce.

Un discours de fermeté qui semble rassurer les acteurs de la filière.

Source : agridigitale.net

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